19h16 mardi 21 août 2018
 
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Grande guerre 14-18

Thématique 2 : L'armée française s'installe dans Chauny (Mars-Décembre 1917)

Le 19 mars 1917, l’arrière-garde de l’armée allemande, le 55 L.I.R traverse Chauny pour se diriger vers La Fère, à l’arrière de la Siegfried-Stellung, dite ligne Hindenburg. Ce repli s’effectue dans le cadre de l’opération Alberich.

Acclamée par la population qui se trouve dans la zone de regroupement du Brouage, la cavalerie française investit la ville dans l’après-midi. Chauny passe alors sous le contrôle de l’armée française.

 

Les militaires sécurisent d’abord la zone libérée

Tout en progressant dans la ville, les cavaliers inspectent les ruines à la recherche d’un éventuel piège, une contre-attaque des troupes allemandes étant toujours possible. Les abords du canal sont interdits à la circulation car des coups de feu proviennent de l’autre rive, toujours occupée par l’ennemi. Le 20 mars 1917, des canons allemands en position sur les buttes de Rouy bombardent maintenant la ville. Des habitants quittent le quartier du Brouage, en poussant une brouette, un landau, pour rejoindre la ville de Noyon. D’autres sont pris en charge par les camions militaires qui repartent après avoir déposé des vivres, des munitions aux troupes combattantes restées sur place.

 

Une remise en état des voies de communication

Au fur et à mesure de la progression de la cavalerie et de l’infanterie, des équipes mobiles routières renforcées par des territoriaux, rétablissent la circulation sur les chaussées endommagées. La route nationale entre Chauny et Noyon devient un axe prioritaire pour la IIIème  Armée française. Un déblaiement de la chaussée est d’abord effectué. Puis dans les carrefours détruits par une mine, un arasement de la terre est fait autour du cratère afin de faciliter le passage de l’artillerie. La Commission de Régulation Automobile qui se trouve sur Noyon installe une antenne à Chauny pour surveiller et délivrer les autorisations de circulation sur cette route.

Après la libération du quartier Saint-Lazare, le 25 mars 1917, afin de permettre le passage d’une rive à l’autre de la rivière Oise, ou pour traverser le canal, des passerelles provisoires sont d’abord jetées en attendant la construction d’ouvrages plus aboutis comme des ponts de chevalets, des ponts de pilots légers… .

Dans le même temps, des unités du Génie, renforcées par des territoriaux, rétablissent les voies ferrées. Des trains militaires spécialisés dans la réfection des voies apportent hommes et matériel pour remettre en état le ballast et les rails. Ainsi, une première voie est ouverte le 12 avril 1917 entre Noyon et Chauny, puis elle est doublée le 18 avril 1917.

Un parc de stockage, accessible par le rail, est aussi aménagé à la sortie de Chauny. Ainsi chaque jour des convois livrent des vivres, des munitions,  du fil de fer, des outils… . Puis ce matériel est livré aux combattants.

Pour renforcer l’infrastructure, une nouvelle ligne est créée entre Compiègne et Chauny, sur le chemin de halage en bordure de l’Oise puis le long du canal. Il s’agit d’une voie de 0.60 permettant la circulation de locotracteurs.

 

De vastes chantiers dans Chauny

Des régiments du Génie et de territoriaux stationnent dans Chauny pour participer à la mise en place d’une infrastructure militaire dans la ville. Des cantonnements sont aménagés pour y loger les militaires. Des abris contre les bombardements sont construits car régulièrement des avions ennemis survolent Chauny  ou des obus provenant de canons à longue portée positionnés sur La Fère ou Saint-Gobain tombent sur la ville.

Les rues encombrées de gravats sont nettoyées, les pans de murs instables sont écroulés. Des lieux de stockage, des plates-formes pour l’artillerie sont implantés. Partout des filets de camouflage masquent les routes, les installations qui doivent échapper à l’observation adverse.

Les militaires participent aussi à la remise en culture des terres en cultivant deux hectares de jardin dans Chauny et cinquante hectares de céréales à la sortie de la ville.

 

Le pensionnat Saint-Charles devient un hôpital militaire

Le 22 mars 1917, les 350 personnes qui étaient hébergées à Saint-Charles sont évacuées par des véhicules de la Croix rouge et par une Section Sanitaire Automobile de l’armée pour être dirigées sur Compiègne et Senlis.

A la place, un centre hospitalier chirurgical militaire est mis en place dans les sous-sols de l’établissement pour apporter les premiers soins aux soldats gravement blessés sur la ligne de front ou lors des bombardements du secteur arrière.

Un carré militaire est aménagé dans le cimetière communal et lors des enterrements, des offices religieux ont lieu dans l’église Saint-Martin en partie effondrée.

Ainsi en reprenant possession de la ville, la priorité pour l’armée est, après avoir évacué un grand nombre de civils, de mettre en place une infrastructure militaire afin de se protéger de toute attaque ennemie, mais aussi pour fournir la logistique nécessaire aux unités combattantes françaises situées face à la Siegfried-Stellung.

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